2015, année la plus chaude

Selon l’étude annuelle de l’organisme gouvernemental américain NOAA, l’année 2015 aura été la plus chaude depuis les premiers relevés qui dates de 1880. Avec une moyenne de 0,9 degrés au dessus de la moyenne du 20ème siècle, le recorde de 2014 (0,74) a été battu !

Certains médias ont immédiatement mis en perspective ces résultats avec l’objectif de la COP21 de Paris qui vise à limiter le réchauffement global de la planète à moins de 2 °C d’ici la fin du siècle, par rapport à la période préindustrielle.

Mais cette comparaison doit être nuancée car dans un cas le calcul est fait par rapport à la moyenne du XXe siècle et dans l’autre par rapport à l’ère près-industrielle (1880-1899). On voit dans cet exemple que l’on met souvent en parallèle des chiffres qui ne sont pas véritablement équivalents puisque les bases de comparaison sont différentes.

Il ressort de ceci que l’objectif de la COP21 est encore plus ambitieux que les chiffres semblent le montrer, ce d’autant plus que les effets des gaz à effet de serre que nous avons produits par le passé vont se poursuivre encore de nombreuses années.

Afin de bien visualiser le problème, voici la dernière mouture de l’animation de la Nasa qui montre le brutal réchauffement de notre planète :

Voir aussi article du Temps

Fukushima, ou comment gagner sur tous les tableaux.

Il y a quelque temps, Georges Baumgartner (envoyé spécial à Tokyo) est intervenu sur les ondes de la RTS pour présenter un projet révolutionnaire de la firme Toshiba.

Suite à Fukushima, une partie de la population japonaise se méfie de la qualité des légumes cultivés en plein air. Toshiba a donc prévu de construire une usine qui filtrerait l’air et maintiendrait des conditions idéales pour faire pousser des légumes à l’intérieur. Se basant sur les mêmes principes utilisés pour la production de semi-conducteurs, la firme japonaise se propose de produire des légumes dans des conditions parfaites. Le grand avantage serait l’absence de traitements chimiques, l’air entrant étant totalement contrôlé.

Ce projet est paradoxal, puisque l’accident de Fukushima est utilisé ici pour promouvoir une technologie qui nécessitera certainement beaucoup d’électricité (climatisation, filtrage, éclairage artificiel) pour fonctionner; si tous les légumes du Japon étaient cultivés ainsi, il y aurait peut-être de quoi justifier la réactivation de centrales nucléaires à l’arrêt ou la construction de nouvelles…

Non sans malice, Georges Baumgartner a signalé à la fin de sa présentation que Toshiba était une firme très impliquée dans la conception de centrales nucléaires…

Dépêche annonçant le projet de Toshiba (en anglais)

Sur le site de Toshiba, la liste des centrales nucléaires livrées par la compagnie

Impressionnant : le réchauffement climatique en images

Le réchauffement climatique n’est pas qu’une hypothèse.

La NASA a publié une animation qui montre à quel point le réchauffement climatique s’est accentué ces dernières années.

Image : Untitled-1.jpg

Voir l’animation complète ici

Depuis 1950, on constate des variations selon les années. Mais il y a une accélération indiscutable vers un climat plus toujours chaud.

Un article de début d’année dans le journal le Temps confirme que l’année 2013 à été l’une des plus chaudes depuis 1880 (selon la NASA et l’Agence océanographique et atmosphérique américaine (NOAA)).

L’an dernier il a fait globalement 0,67°C de plus que la moyenne du XXème siècle.

Cela peut sembler peu, mais à l’échelle de la planète un écart de 4°C à 7°C c’est ce qui différence une période chaude d’une période glacière.

Il est donc important, lors de nos animations, de dire aux enfants qu’une différence de 1°C en Suisse ce n’est absolument pas comparable à un changement de température de même valeur à l’échelle de la planète entière. Quelques degrés de différence au niveau du globe et c’est tout l’éco-système planétaire qui est chamboulé (fonte des pôles, montée des océans, etc.).

Et dans le même temps, le niveau de CO2 dans l’atmosphère est au plus haut depuis 800’000 ans. Difficile de ne pas faire le lien, bien que de nombreux autres facteurs participent à ces phénomènes climatiques (courant chaud El Ninõ, évolution « naturelle » du climat, etc.) >> voir article du Temps.

La centrale nucléaire de Mühleberg sera arrêtée en 2019

Les BKW (Forces Motrices Bernoises) ont annoncé la fermeture définitive de la centrale nucléaire de Mühleberg pour 2019.

Il semble que les arguments économiques l’ont emporté. En effet, les travaux d’assainissement nécessaires pour prolonger la durée de vie de la centrale n’auraient pas été rentables dans un contexte où l’électricité est bon marché. D’un côté les coûts pour la sécurité des centrales nucléaires augmentent toujours plus suite à Fukushima et de l’autre le développement massif de l’éolien et du photovoltaïque allemand apporte une concurrence qui fait baisser les prix.

Il est important de rappeler que Mühleberg ne représente actuellement qu’environ 5% de la production d’électricité en Suisse. Néanmoins, c’est la première centrale nucléaire suisse mise à la retraite, ce qui soulève les questions suivantes :

– Mis à part de belles paroles, sera-t-on capable de compenser la perte de production de cette centrale par une production renouvelable et des économies d’énergie ?

– Si les investissements nécessaires ne sont pas faits et que l’on se contente d’importer de l’électricité étrangère, notamment provenant des centrales au charbon, que fera la Suisse quand les autres centrales nucléaires seront également mises à la retraite dans quelques dizaines d’années? (c’est 35% de la production d’électricité suisse qu’il faudra alors compenser !)

– Pourra-t-on vraiment démanteler cette centrale et les sommes mises de côté à cet effet seront-elles suffisantes (ce dont doutent nombre d’observateurs) ?

Selon un article du Temps, les BKW annoncent que pour compenser la perte de production de Mühleberg, ils vont investir à l’étranger, notamment dans des centrales au charbon. Ceci est en complète contradiction avec la politique du Conseil fédéral qui souhaite une sortie du nucléaire par le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Derrière cette prise de position, il y a probablement la volonté d’affirmer que la politique énergétique de la Confédération est irréaliste. C’est peut-être aussi une tentative pour réhabiliter le projet de construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Le Royaume-Uni a d’ailleurs décidé récemment de construire deux nouveaux réacteurs EPR sur son territoire (voir post ici). Il est vrai que la solution nucléaire est la plus simple à mettre en place. Décentraliser la production d’énergie, gérer une production fluctuante (soleil, vent) et réellement baisser nos consommations est beaucoup plus téméraire et complexe à réaliser. Avec le nucléaire on a une garantie de production, mais cette « facilité » de mise en place est-elle suffisante pour justifier les risques, même limités, que cette technologie nous fait prendre (accidents, déchets)?

Forage géothermique à St-Gall : on continue malgré le tremblement de terre

Le 20 juillet 2013, un forage géothermique à St-Gall a provoqué un petit tremblement de terre de magnitude 3,6 sur l’échelle de Richter.

Aucun dégât n’a été constaté, mais la secousse a été ressentie par les habitants de la région.

La secousse a semble-t-il été provoquée par des injections d’eau visant à bloquer, par mesure de sécurité, une forte arrivée de gaz dans le forage.

Après Bâle qui a complètement abandonné un forage pour les mêmes raisons en 2009, c’est un coup dur pour la géothermie suisse.

Suite à l’incident, certaines personnes ont immédiatement mis en garde contre la dangerosité des forages. A chaque fois que l’on essaie d’avancer dans de nouvelles technologies propres, il y a pour certain presque une « satisfaction » à constater des difficultés.

La bonne nouvelle est que les autorités St-Galloises ont décidé de poursuivre le forage. Mais celui-ci est à la merci d’une seconde secousse qui pourrait tout compromettre. Ce serait vraiment dommage car on est proche des premiers essais de pompage d’eau chaude (140°-c) à 4’000 mètres de profondeur.

Affaire à suivre…

Articles :

Seisme provoqué par une centrale géothermique – 20 minutes

A Lavey-les-Bains, le forage géothermique n’est pas remis en cause

Peu importe les risques, le forage va continuer – 20minutes

Le bilan environnemental des fraises

L’émission « On en parle » de la rts, vient d’aborder la question du bilan environnemental des fraises.

Si le transport des fraises depuis l’Espagne double le bilan carbone par rapport à des fraises suisses de saison, les fraises suisses produites sous serre chauffée alourdissent plus de 20 fois ce bilan !

Tableau comparatif : télécharger ici

Page du site de l’émission « On en parle »

Bien entendu ce type de calcul peut sensiblement varier en fonction du type d’énergie utilisée pour chauffer les serres. Le calcul de l’énergie grise ou d’un bilan carbone est donc toujours basé sur des hypothèses de départ. De plus, comme on le voit dans le comparatif, il n’y a pas que l’emprunte carbone qui compte. Le bilan eau est très défavorable pour les fraises espagnoles.

Il y a quelques années, une autre étude démontrait que les roses venant d’Amérique du sud par avion avaient un moins mauvais bilan carbone que celles poussant aux Pays-bas dans des serres chauffées en plein hiver.

Faut-il en conclure que c’est un moindre mal que de consommer des produits venant de loin mais avec des méthodes de production moins polluantes ?

Il faudrait plutôt s’interroger sur la nécessité d’acheter des produits complètement hors saison. Doit-on absolument s’offrir des roses à Noël? Qu’elles viennent de loin ou qu’elles soient produites sous serre, le supplément d’énergie grise qu’elles contiennent ne se justifie pas.

Profitez en ce moment des asperges du Valais. La saison est courte, mais quel régal !

La voiture électrique est-elle écologique ?

En ces temps de Salon de l’auto, nous sommes toujours déçus du manque de curiosité de la majorité des « journalistes », qui ne font que répéter les slogans des constructeurs sans se poser les bonnes questions. Ils présentent pratiquement toujours la voiture électrique comme ne produisant pas de pollution. Les seuls défauts qu’il relèvent : l’autonomie et le temps de recharge de la batterie.

L’ATE dans son dernier numéro de l’Eco-mobiliste qui classe toutes les voitures en fonction de leur qualité environnementale, aborde la question du caractère écologique ou non de la voiture électrique. Cette étude émane du projet THELMA (TecHnology-centered ELectric Mobility Assessment)

En résumé voici ce que dit l’ATE :

– la réponse est complexe et dépend de différents facteurs et en particulier l’origine de l’électricité
– Si l’on prend comme base le mix électrique européen ou de l’électricité provenant de centrales à gaz (plusieurs projets sont en cours en Suisse), la voiture électrique est juste un peu meilleure en CO2 que les voitures performantes actuelles.
– en ce qui concerne la consommation de ressources minérales, les voitures électriques sont moins bien classées à cause du cuivre et de l’aluminium contenu dans les moteurs électriques.
– les chiffres de consommation des constructeurs ne tiennent pas compte de l’énergie nécessaire au chauffage des voitures électriques en hiver et qui ne peut provenir des pertes du moteur (l’autonomie va également chuter).

L’ATE conclut ainsi :

 » Remplacer les véhicules conventionnels par les véhicules électriques aurait un effet positif prépondérant, à la seule condition que du courant vert certifié soit employé pour leur fonctionnement. »

Il ne s’agit pas de condamner les voitures électriques qui sont d’ailleurs souvent très bien classée par l’ATE, mais ce classement dépend de nombreux facteurs qui ne sont souvent pas réunis dans la réalité.

De plus, on occulte souvent que ces classements concernent principalement les émissions de CO2 ce qui privilège l’électricité nucléaire en oubliant au passage ses nombreux défauts (risques, déchets, énergie non renouvelable, faible rendement).

Avec la volonté du Conseil Fédéral de se passer du nucléaire, souhaite-t-on vraiment ajouter les voitures comme nouveaux consommateurs d’électricité ?

On peut alors se demander si l’avenir ne réside pas plutôt dans le développement de voitures hybrides à moteurs classiques mais caractérisées par des consommations extrêmement basses. En particulier par la baisse du poids des véhicules.

Par exemple, VW va commercialiser un modèle qui consomme 0,9 litres Pour 100km (info sur la VW XL1). Le prix n’est pas communiqué et on peut s’imaginer qu’il sera très élevé.

Mais si les constructeurs parviennent à produire à des coûts acceptables des voitures consommant 2 litres aux 100km, il n’y aura que peu d’intérêt à passer à la voiture électrique.

Voir article du Temps du 7 mars 2013 « Les constructeurs misent sur la voiture économe »

Il est aussi intéressant de noter que les voitures à gaz (idéalement à bio-gaz) ont également d’excellents bilans et sont très bien classées par l’ATE. Et n’oublions pas non plus le développement nécessaire des transports publics !

Le débat sur l’entreposage des déchets radioactifs en Suisse rebondit

Walter Wildi, géologue à l’université de Genève, vient de claquer la porte de la Commission fédérale de la sécurité nucléaire (CSN). Il n’était pas d’accord avec le contenu du rapport de la Nagra (Coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs), publiés en janvier de cette année. Ce rapport prévoit que les déchets qui sont actuellement stockés dans des centres provisoires seront déplacés dans des lieux de stockage définitifs.

Il ne semble pas que M. Wildi s’oppose au principe du stockage définitif. C’est l’idée de manipuler ces déchets directement sur les lieux de stockage définitifs qui lui pose problème (sortir les déchets de leurs conteneurs actuels et les placer dans de plus petits récipients). En effet, selon lui, il y aurait un risque de pollution des nappes phréatiques lors de ces manipulations.

Comme le relève l’article du Temps, les détracteurs de M. Wildi estiment que ce risque est très limité et qu’en Suisse il y a presque partout des nappes phréatiques, même sous le centre provisoire actuel…

Sans pouvoir, faute de compétences suffisantes, trancher dans ce débat, celui-ci montre bien la complexité de la question de la gestion des déchets; même les spécialistes du domaine n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une solution commune.

Godzilla et les papillons de Fukushima

Depuis l’accident nucléaire, des chercheurs japonais ont analysé des générations de papillons près de la centrale de Fukushima. Une partie de ces papillons et leurs descendants ont subi des modifications génétiques.

Ce qui n’est pas encore confirmé c’est si ces modifications sont liées au contrôle des gènes par les chromosomes et dans ce cas la modification ne durera que quelques générations ou si c’est l’ADN lui-même qui a été modifié et dans ce cas ces mutations seront irréversibles.

Si Godzilla était un monstre de fiction japonais qui avait été créé suite à une explosion nucléaire, ces papillons nippons sont bel et bien réels… Il est intéressant de relever que dans plusieurs films, Godzilla est combattu par une mite géante dénommée Mothra…

Voir l’article du temps à ce sujet